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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 12:10

 



Rouge et Bleu, une histoire d'Oiseaux

Anthony Boulanger



24 octobre 2088

Dépêche de l'AFP

 

La conférence finale pour "Giant Phoenix Mars Mission" s'est tenue le 23 octobre 2088, dans la zone virtuelle sécurisée ZVX-2602.

Les organisations participantes étaient (classées par nombre d'avatars présents) :

- North-American Aeronautics and Space Administration (N-AASA)

- Agence Spatiale Européenne (ASE)

- China Space Science and Technology Corporation (CSSTC)

- Université d'Arizona (UA)

- Japan and Australian Aerospace Exploration Agency (JAAXA)

- Laboratoires d'Exobiologie (liste détaillée en annexe A.1)

- Laboratoires de Géologie et de Sciences des Structures (liste détaillée en annexe A.2)

- Laboratoires de Microbiologie (liste détaillée en annexe A.3)

- Laboratoires de Chimie Générale et Chimie Organique (liste détaillée en annexe A.4)

En 2008, la sonde Phoenix atterrissait sur le pôle arctique de Mars avec pour mission d'enquêter sur l'eau, et donc sur la vie, que la Planète Rouge pouvait receler. Très vite, la visualisation de structures assimilables à des colonies de micro-organismes sporulés, par les microscopes embarqués, a enthousiasmé les milieux scientifiques.

En 2019, Phoenix II reprenait la mission de son prédécesseur dont l'instrumentation ne permettait pas une étude exobiologique approfondie. La perte du lander lors de l'atterrissage sur Mars a mené au lancement de Phoenix III en 2025.


Le retour sur Terre de cette troisième sonde et des échantillons de sols qu'elle avait prélevés marqua un tournant dans l'histoire des exosciences.

En effet, si la vie, telle que nous la connaissons sur notre Planète Bleue, est basée sur l'utilisation du carbone, la culture et les analyses des souches dormantes de microorganismes martiens ont montré que l'ensemble des métabolismes était basé sur l'utilisation du silicium. Cet atome est en effet tétravalent comme le carbone et peut former de multiples complexes stables, dont des molécules inconnues mais néanmoins assimilables à des sucres, des protéines et autres composés cellulaires.

De plus, certains prélèvements, datant d'il y a moins de trois mille ans, contenaient plusieurs fragments de dérivés siliceux macroscopiques. Leurs structures (articulations des minéraux, présence de "griffes") présentent des similitudes étonnantes avec celles de pattes d'insectes terrestres.


Les différents partenaires ont donc voté hier, à l'unanimité, les crédits nécessaires au lancement de la mission Giant Phoenix. Cette mission est basée sur le concept "Mars Direct", initialement développé par Zubrin et Baker en 1990. Elle permettra l'envoi de scientifiques sur le sol martien, ainsi que celui d'équipements de recherche de haut niveau. Les problématiques fondamentales seront la recherche et l'étude des formes de vie martienne, aussi bien microbiologiques que pluricellulaires. Les prémices d'une base permanente seront également creusées dans le flanc ouest d'Olympus Mons, le plus haut relief de notre système solaire.


Tout comme celles qui l’ont précédée, cette mission a été baptisée du nom de Phoenix, l'oiseau fabuleux pouvant renaître de ses cendres. Mais la multiplicité des sondes, la présence d'un lanceur lourd, d'un ERV (Earth Return Vehicle), et les budgets colossaux mis en jeu justifient amplement l'adjectif Giant.

Thomas Knocker

 


***


25 février 2104

Journal de bord de Yeff Sarden

 

L'installation de la serre du campement temporaire est maintenant terminée. Nous allons pouvoir vivre en totale autarcie très prochainement : le seul problème reste encore et toujours l'encrassage constant des cellules photovoltaïques. Les ingénieurs avaient assuré que les tempêtes de Mars nous débarrasseraient continuellement de la poussière rouge d'oxyde de fer, mais celle-ci se révèle aussi fine que du talc et s'infiltre partout.

De toute façon, l'énergie solaire devait nous aider jusqu'à ce que Clyne ait réalisé la percée dans Pavonis Mons. En attendant, il nous suffit de nous brancher sur le réacteur nucléaire de notre ERV pour combler les besoins énergétiques. J'ai justement demandé à Clyne quelques infos sur l'avancement de ses travaux. Selon elle, la poche d'hydrogène sera atteinte dans moins de trois jours si la roche ne se révèle pas plus dure qu’actuellement. Si je me souviens bien de ce que m'a expliqué notre chimiste, qui est également notre géologue, en faisant réagir l'hydrogène avec le dioxyde de carbone de l'atmosphère, nous allons pouvoir récupérer du méthane et de l'eau. Qui dit méthane dit énergie, et qui dit eau dit oxygène par électrolyse. La boucle est bouclée, nous aurons de l'énergie à ne savoir qu'en faire, de quoi boire et de quoi respirer ! D'après les calculs de Clyne, le contenu de Pavonis Mons suffira à alimenter une colonie conséquente pendant un ou deux millénaires.


De mon côté, les travaux avancent doucement. J'ai refait des prélèvements de sols à différentes profondeurs. J'ai retrouvé les mêmes structures microbiennes que celles ramenées par Phoenix III, mais impossible de les réveiller de leur dormance. J'ai joué sur les gaz présents dans l'enceinte, sur la température et la pression, rien n'y a fait. J'ai même simulé une rentrée dans l'atmosphère terrienne…

Aucune trace de développement, sur aucun substrat d'aucune sorte. Je vais reprendre ma bibliographie sur les échantillons ramenés par Phoenix III.


***

 

Troisième jour depuis le Trente-septième Réveil

 

Chroniques de Lyrcyn

 

Le Dieu Phoenix nous a tirés de notre long sommeil il y a peu.

Après avoir lu toutes ces chroniques et assimilé leur contenu, je suis enfin capable de reprendre mon nom sacré.

Je suis Lyrcyn, H'espar de la trente-septième génération. J'écris ces lignes pour mes mutar suivantes et celles de tous les H'espar de notre monde.


Je suis allé devant l'Oiseau car tel est mon devoir premier. Sur le chemin, j'ai salué mes frères H'espar, quels qu'ils soient. Des plus humbles et jeunes qui s'affairaient à rénover les fresques et les sculptures abîmées par le temps, des plus grands qui veillaient sur ceux d'entre nous dont les mutar n'avaient pas survécu.

Je suis arrivé devant le Temple. Ses murs qui épousaient les parois intérieures de la montagne étaient couverts de fidèles. Malgré la léthargie due au Réveil récent, ils polissaient déjà sans relâche la pierre des colonnes pour lui redonner sa perfection d'antan.

Je suis entré, mes sens et mon esprit ont vu notre Dieu Phoenix comme jamais il n’a été vu. Son Feu était rouge comme la friri'i poussiéreuse de la surface. Ses plumes ne suffisaient pas à éclairer les parois de son Temple, mais l'espoir brillait dans Ses yeux.

Il m'a parlé.

Il a dit qu'un brasier phénoménal était descendu des étoiles dans un cercueil de métal et que je devais le porter jusqu’à Lui pour qu'Il puisse s'embraser et renaître de Ses cendres.

Il a dit que les flammes étaient immobiles, qu'elles étaient à la surface, à quelques foulées de notre montagne.

Il a dit que la puissance de ce feu était telle qu'il pourrait ranimer les autres Dieux Phoenix et tous les H'espar de la planète.

Il a dit que je devais prendre garde, car le feu qu'Il convoitait était gardé par des H'üma.

Je lui ai demandé si ces H'üma étaient des Démons Alcyons, les légendaires Phoenix d'eau.

Il a répondu qu'il s'agissait de leurs Fils.


Je suis sorti du Temple et j'ai appelé à moi des H'espar mineurs qui avaient voué leur mutar actuelle au service de notre Dieu vivant. Je m'en suis entouré pour me protéger de la friri'i empoisonnée, et j'ai marché jusqu'au sas ouest. Les H'espar s'agitaient sur mon corps. Ils ne ressentaient aucune peur à l'idée d'affronter la mort. Au contraire, ils se sacrifiaient pour notre Dieu, animés d’une joie infinie.

Le sas s'est ouvert devant moi et j'y suis entré. Les H'espar se sont calmés. Je leur ai ordonné de m'enfermer dans une armure qu'aucune particule de friri'i ne pourrait traverser et ils se sont mis en place. Le sas s'est refermé sur mon commandement, et j'ai attendu que la surpression se fasse. Lorsque mes petits compagnons m'ont confirmé que la pression était stabilisée, et qu'aucune poussière ne pourrait entrer dans la montagne, j'ai commandé l'ouverture de la deuxième porte et je suis sorti. Maintenant que j'étais hors de la roche, je sentais à mon tour la présence du Feu dont m'avait parlé l'Oiseau. Mais je ne le voyais pas. Où les H'üma avaient-ils pu le cacher ?

 

(suite)

 


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Published by Macada - dans Nouvelles (SFFF)
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commentaires

Silane de L'Antre Lire 26/04/2008 09:56

a suivre... j'y cours! (j'y lis!)