Dimanche 18 mai 2008

(auto-portrait)

Charles Baudelaire (1821-1867)


Oui, mon quatrain du dernier post se voulait un hommage à la poésie de Baudelaire. Bravo Daniel ! Et félicitations à Marie d'avoir trouvé trois des poèmes de référence.


Voici donc à quoi je pensais en composant  ma devinette :

Il est des rires d’enfants frais comme des hautbois (Correspondances)

Qui s’exhalent des phares en un ardent sanglot (Les Phares)

Bénissant le poète aveuglé et sans voix (Bénédiction)

Qui ploie sous son automne et rêve de tombeau (L'Ennemi)


Comme je suis toujours aussi incapable de vous parler intelligemment de mes amours de jeunesse, en partie parce que beaucoup d'autres l'ont déjà fait et bien fait, vous n'avez qu'à aller voir sur le net qui est Charles Baudelaire, si cela vous intéresse. Par exemple, en visitant le  site de Poésie sur la toile.


Pour ce billet,  je vous propose de (re)déguster Correspondances et L'Ennemi :

 


Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.


Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.


II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

– Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,


Ayant l'expansion des choses infinies,

Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,

Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

 


L'Ennemi


Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,

Traversé çà et là par de brillants soleils;

Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,

Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.


Voilà que j'ai touché l'automne des idées,

Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux

Pour rassembler à neuf les terres inondées,

Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.


Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve

Trouveront dans ce sol lavé comme une grève

Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?


– O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,

Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur

Du sang que nous perdons croît et se fortifie!


par Macada publié dans : Poésies et chansons
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