Poésies et chansons

Samedi 14 novembre 2009
A quoi bon …


« …moi je vomis en groupe
Et l’ordre et les bourgeois et l’horrifique troupe
De gens très bien pensants dont l’unique étendard
Est, sur champ de velours, une tête de lard
»

J’avais juste vingt quand j’écrivis la phrase
Et le monde pour moi n’était que noir ou blanc.
D’un coté les blessés, de l’autre les méchants.
Lors je n’imaginais la société que rase
Afin de reconstruire l’univers souriant.

J’ai vieilli désormais et je sais l’existence
Moins rigide que ça. Pourtant je n’oublie pas
Lorsque nous mangeons trop, que d’autres sans repas
Mais voulant subsister, partagent leur pitance
Dans des dépôts d’ordure avec des cancrelats.

Je n’oublie pas non plus qu’au nom des bénéfices,
Dont on les veut plus gros, on licencie des gens.
Bien sûr je m’en souviens, on nous dit que l’argent
Ne fait pas le bonheur, mais je vois l’édifice
Qu’on a construit pour lui. Je le vois en tremblant.

J’ai vieilli, j’ai changé, mais je garde, tenace
Au fond de moi l’envie de voir se transformer
Pour devenir meilleur, plus facile à chanter
Le monde où nous vivons et qui, je crains, menace
De s’écrouler sur nous qui oublions d’aimer.

Alpéro

En savoir plus ... : Alpéro .

Par Macada
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Lundi 19 octobre 2009

Mensonge nocturne


Quand la nuit s'acharne à mentir
en cristaux de silence
Quand la chair à vif s'étire
en cercles d'impatience
Ne subsiste que l'âme tranchante
au cœur des ébats impuissants
à transcender les sens

Le venin de l'émoi
ne foudroie que la peau
Les corps chahutent
et demeurent absents l'un à l'autre
comme les bulles de savons
trop proches
soudain explosent
en gouttes iridescentes

Ne parle pas d'outre-masque
j'entends l'écho balbutiant
de tes fantasmagories
Tu ne trompes qu'étoile
en sa naïveté

Je n'attends rien du jour levant

Scylliane Mohan


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On peut trouver Scylliane sur son blog Opalescence ou par sa fiche auteur.




Par Macada
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Lundi 21 septembre 2009

Les peurs d'Anaïs

Par le rythme des mots, la musique du cœur,
Je viens mon Anaïs pour combattre tes peurs.
Que naisse un crocodile ou des hyènes avides,
Je les balayerai, ces monstres insipides.
 
Tu me cries tous les noms pour mieux les évoquer
Le « loup ! » ou bien le « tigre ! », qui pourraient nous croquer.
Et l’on apprend ainsi où sont tous les dangers,
Et le geste précis qui va les vendanger.

Dès lors que du néant ils s'annoncent et surgissent
Et s'avancent puissants, bardés de maléfices,
Nos têtes plongent là, pour nous mieux dérober.
Jamais, jusqu'à ce jour, ils n'ont pu nous gober.

Soudain je crie « la poule ! » « Mais elle est très gentille ! »
Tu te moques de moi, partant dans une trille.
Tu sais bien que ma peur est pour toi simulée,
Mais caresse ma joue pour bien me rassurer.

Puis tu t'amuses encore à tous les convoquer
Et nous badigeonnons, tête jusques aux pieds,
Leurs corps gigantesques, qui rendus transparents
Se fondent dans la nuit. Et tout est comme avant.

Je te jure ma fille, ô mon amour doré
Tous les risques croisés te seront peccadilles
Un geste de ta main balaiera ses broutilles
Et ton monde à jamais restera coloré.

                                           Peïo


 

 

En savoir plus ... : Bienvenue à Peïo sur le blog de l'Antre-Lire !

Sa fiche auteur : Peïo .

 

Par Macada
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Vendredi 28 août 2009


T'écrire




T'écrire
Ancrer ce rêve inassouvi
cette angoisse insoumise
     aussi
au creux des fantaisies diurnes

Inviter l'évasion
Nous tenant immobiles
Nous puiserions l'insouciance
au tourbillon même du monde
autour

Du ciel intense
surgirait notre escapade
sur les ailes du souvenir

Mémoire ensorcelée
Ô creuset de mes envoûtements
Envole-nos âmes
vers ce qui n'est jamais advenu
vers nos promesses intenues
par inadvertance 
ou par sacrifice

Notre passé reste à créer

Scylliane Mohan


En savoir plus ... : Bienvenue à Scylliane Mohan dans l'Antre-Lire.

On peut trouver Scylliane sur son blog Opalescence ou par sa fiche auteur.

Par Macada
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Mardi 23 juin 2009


Avril

Paroles et voix : Silane
Musique : Olivier Sébastien



Avril a dans son sang qui coule,
La joie, elle rit à la lune
Son effroi, tendresse sans fin, sans fin,
Elle qui est lumière d’un été,
Chanson des grillons, volonté,
Fleurs et amours chantonnées, chantonnées.
Dévoile son sourire charmant,
Elle qui enfin n’est plus enfant
Elle est le droit même d’être libre, d’être libre.
Quand son corps danse, tourbillonne,
Et qu’elle est douceur, volupté,
Elle est Magie de la Terre, de notre Terre.

 Refrain :
Elle est fille d’Ève, Elle est fille d’Ève,
Et recherche de son chant
Son véritable amant.
Elle est fille d’Ève,
Elle est fille d’Ève,
Et elle cherche la voie, sa voie

Avril a dans ses yeux la lumière,
Elle a quitté les flammes de l’Enfer
Pour rejoindre son père le Ciel, le Ciel.
Dans cet univers de bonheur,
Elle sera là, femme éternelle
Ailes d’argent, d’or solaire, or solaire
Avril s’est donnée au Vent.
Il était son galant, amant.
La fille d’Ève est devenue mère, devenue Mer.
Elle a continué à danser,
Elle est maintenant mariée,
Elle est Magie de l’Univers, l’Univers.





Petite histoire : Silane n'avait pas encore 15 ans quand Olivier Sébastien lui a proposé de mettre des textes et une voix sur sa musique.  Vous pouvez  trouver d'autres réalisations de ces deux complices, ICI.
La fiche auteur de Silane est 
ICI

Par Macada
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Dimanche 14 juin 2009
Centre du monde…


Centre du monde, moi ?

Meuh non… vous plaisantez…

Je ne suis rien.

Ou peut-être un pivot…

Un repère, un fanal à la flamme tremblante

Qui permettrait, parfois,

A votre humanité

De se repérer mieux…

Et c’est modestement

Que j’avance cela.

Mais,

Centre du monde moi ?

Ce ne sont pas les quelques qualités,

Remarquables sans doute,

Que je crois posséder

Qui peuvent justifier…

Non,

Centre du monde, moi ?

Enfin, si vous voulez,

Et vraiment ça me gêne…

Mais si vous insistez…



Alpéro

En savoir plus ... : Alpéro .
Par Macada
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Mardi 12 mai 2009
(Verlaine à 25 ans, Felix Elie Regamey)

L’Heure du berger


La lune est rouge au brumeux horizon ;

Dans un brouillard qui danse, la prairie

S’endort fumeuse, et la grenouille crie

Par les joncs verts où circule un frisson ;


 

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;

Des peupliers profilent aux lointains,

Droits et serrés, leurs spectres incertains ;

Vers les buissons errent les lucioles ;


 

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit

Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,

Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.

Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

 


Paul Verlaine

En savoir plus... : Ce poème est tiré des Poèmes saturniens (1866), premier recueil de Verlaine (1844-1896).
Vous pouvez télécharger les oeuvres complètes du poète sur ebooks et consulter une biographie : ICI
Par Macada
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Jeudi 16 avril 2009
(La coquette, Kitagawa Utamaro)

ROCOCO JAPONAIS


O toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !


J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre.


J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.


J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout, j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir.


Joris Karl Huysmans


Petite histoire :

Ce poème est tiré du recueil Le drageoir aux épices paru à compte d'auteur en 1874.

Pour une présentation et une bibliographie complète de Joris Karl Huysmans (1848-1907), vous pouvez,  par exemple, aller voir  ICI.

Ce texte et bien d'autres peuvent être trouvés en ligne sur le site de l'Association des Bibliophiles Universels :  ABU : la Bibliothèque universelle .


Par Macada
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Vendredi 27 mars 2009
Bousculé

                                       Lors, vois ce que la vie

                                       De tes espoirs a fait et ceux qu'elle a défaits…

                                       J’étais, je vous l’avoue,
                                       Parti plus qu’assez mal :
                                       Je voulais être beau, riche et intelligent !
                                       Surtout ne riez pas…
                                       Je ne suis pas le seul
                                       Bien que d’autres, parfois, aient raison de rêver…

                                       Mais dans mon cas, c’était, hélas, désespéré.

                                       Et, voyez vous, la vie
                                       S’amuse, elle le peut, à tout vous chambouler.

                                       Et si mes jours, au bout,
                                       Loin de mon idéal
                                       Furent tristes parfois, très jolis rarement.
                                       Certes je ne dis pas
                                       Que ce temps fut morose,
                                       Car les ennuis souvent éloignent de l’ennui.

                                       Mais jamais je ne vis rêve réalisé !

                                       Et cette sotte vie
                                       (Alors que maintenant j’ai cessé de rêver…)

                                       Me donne du bonheur
                                       Et me montre la chance
                                       Que j’ai plus que plus que ceux-là qu’auparavant j’enviais.
                                       Dès lors je ne sais pas…
                                       Je voulais être heureux
                                       Et c’est malgré mes choix que je le suis enfin !

                                       Alors que dans mon cas, c’était désespéré !

Alpéro

En savoir plus ... : Alpéro .

 


Par Macada
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Dimanche 15 mars 2009

Femme l'une


Femme l’une, face cachée, charme des choses qu’on devine.

 

Femme en rouge, femme passion, dévorante et vive...

 

Poussière de lune, braise d’enfer, de l’une à l’autre un pas de plus,

de l' autre à Lune, songe en elle.

 

Femme voilée, ombre féline, l’essentiel, le regard, ton regard...

 

Ce regard qui s’arrête aux  grilles de ton voile, qui rêve, qui imagine et ne saura pas.

 

Femme de la sécheresse qui reste par amour lorsque les guerriers tremblent,

un petit contre ton sein, un sourire sur tes lèvres.

 

Derrière ton homme ou son poing, lentement tu marches pieds nus sur le sol brûlant, une chaînette d’or battant le rythme à tes chevilles.

 

Femme d’honneur ou femme de joie, oiseau de jour ou de nuit, ces mots en toi:

"J’ai peur, j’avance, j’ai peur, j’avance"

 

Et avance avec toi la boule bleue qui tient tes pas HUMAINS...




Isabelle POZZI




Petite histoire : Isabelle Pozzi est conteuse mais, de temps en temps, elle prend la plume - ou le pinceau - avec plaisir. Vous pouvez la trouver sur son site ou dans le forum Contes et Lez'arts.

Ou encore par ici.

 
Par Macada
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