Vendredi 20 juin 2008

(ill. ColoriagesAnimaux.net/)


La petite souricette


Trottine la petite souris

Le long des prés fleuris.

Et souricette, miette, miette

Fait la galipette, mouette, mouette.


Tapi au creux du bois

Minet guette sa proie

Mais souriceau aux aguets, gai, gai

Veille en vaillant chevalier, yé, yé.


Malin et plein d’adresse,

Vite il donne l’alerte

Et dans une pirouette, mouette, mouette

S’enfuit la souricette, miette, miette.


Sous le soleil qui ruisselle

Fleurit la pâquerette.

La tourterelle lisse ses ailes, mouette, mouette.

Dans le bleu du ciel, miel, miel.


Trottine la souris

Le long des prés fleuris.

Et souricette, miette, miette.

Fait la pirouette, mouette, mouette.

 

Thérèse Tinturier



Petite histoire
:
Grand merci à Thérèse de sa participation ! J'en profite pour rendre hommage à son engagement social de toute une vie auprès de ceux - et celles - qu'on oublie trop souvent.  Sa gaieté est grande, son oreille encore plus, et tant pis si elle est toute rouge derrière son écran ;-).  Gros baisers, Thérèse, longue vie à Souricette, mouette, mouette ! :-))

par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Dimanche 8 juin 2008


Lettre à mon enfant à naître


Moi le boutre rêvant,                                                      

 

                                                  A toi, naviguant dans le sel de mes flancs.


Sais-tu que ?                                                                  

 

Quand j'image ta peau                                                           

En nuages de l'aube ou en moire châtaine,                           

Mes frissons te murmurent d'ouvrir tes paupières closes.      

S'il-te-plaît, souris-moi !                                                       


Quand, dans la moiteur méridienne,                                     

Je respire nos odeurs emmêlées -                                          

Sueurs un peu sucrées, un peu salées,                                  

Léger goût de manioc, effluves de cabri -                            

Je t'attends. Je rougis.                                                           


Quand, au creux de la nuit,                                                   

Tes doigts, tes cils, tes lèvres, ton corps                               

Effleurent, caressent, embrassent,                                        

La houle de mon ventre déferle.                                           


Alors,                                                                                   

Pour un instant, le désir lancinant                                        

De te serrer contre mon sein                                                 

S'apaise,                                                                              

Dans l'éclat de ma joie                                                         

De te connaître en moi.                                                       


 

 

                                                     Marie-Catherine Daniel


Petite histoire : Ce poème a gagné - avec neuf autres - le Prix du Printemps des Poètes 2007 de l'Université de la Réunion.  Autrement dit : une mise en voix par une conteuse (ourf, ça fait tout chose d'entendre son propre texte...),  quelques livres de poésie (entourés d'un ruban de rafia comme pour les remises de prix du temps lontan), et une mise en image sur une carte postale (1 500 exemplaires, tout de même ! :-) ) :

 


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Dimanche 18 mai 2008

(auto-portrait)

Charles Baudelaire (1821-1867)


Oui, mon quatrain du dernier post se voulait un hommage à la poésie de Baudelaire. Bravo Daniel ! Et félicitations à Marie d'avoir trouvé trois des poèmes de référence.


Voici donc à quoi je pensais en composant  ma devinette :

Il est des rires d’enfants frais comme des hautbois (Correspondances)

Qui s’exhalent des phares en un ardent sanglot (Les Phares)

Bénissant le poète aveuglé et sans voix (Bénédiction)

Qui ploie sous son automne et rêve de tombeau (L'Ennemi)


Comme je suis toujours aussi incapable de vous parler intelligemment de mes amours de jeunesse, en partie parce que beaucoup d'autres l'ont déjà fait et bien fait, vous n'avez qu'à aller voir sur le net qui est Charles Baudelaire, si cela vous intéresse. Par exemple, en visitant le  site de Poésie sur la toile.


Pour ce billet,  je vous propose de (re)déguster Correspondances et L'Ennemi :

 


Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.


Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.


II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

– Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,


Ayant l'expansion des choses infinies,

Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,

Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

 


L'Ennemi


Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,

Traversé çà et là par de brillants soleils;

Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,

Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.


Voilà que j'ai touché l'automne des idées,

Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux

Pour rassembler à neuf les terres inondées,

Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.


Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve

Trouveront dans ce sol lavé comme une grève

Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?


– O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,

Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur

Du sang que nous perdons croît et se fortifie!


par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Vendredi 16 mai 2008

A qui est dédié ce quatrain ?

 


Il est des rires d’enfants frais comme des hautbois

Qui s’exhalent des phares en un ardent sanglot

Bénissant le poète aveuglé et sans voix

Qui ploie sous son automne et rêve de tombeau


 

 

Pour corser l'affaire, chaque vers fait référence à un poème, lequel ?


par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Jeudi 8 mai 2008

 Dieu !... Que les
murs sont froids tout au long des impasses

Où n’arrive jamais le
sourire du soleil.

Des silhouettes
brumeuses, incertaines, y passent et repassent,

Sorties du fond de mes
nuits sans sommeil.



Mais les yeux, derrière
les fenêtres,

Traversent les rideaux et
percent les secrets.

Les sinistres corbeaux
peuvent poster leurs lettres,

Les cris de la misère
n’atteignent pas les fées.



Des larmes de sang,
parfois, aux pointes des couteaux.

Des larmes de givre,
aussi, posées sur les berceaux.

Des pieds nus sur l’asphalte et des manteaux troués.


Dieu !... Que les murs sont froids au fond de ces ruelles.



Dans ces espaces gris,
même les cœurs se gèlent.


Dieu !...Mais
pourquoi : Dieu ? Puisqu’il n’est jamais là…


Janine Laval (poème et illustration)


Petite histoire : Janine est l'une des habitants de l'Antre-Lire. Ce texte y est "à paraître" mais d'autres s'y trouvent déjà...

Vous pouvez aussi aller admirer ses compositions visuelles ou poétique dans son Bric à Brac.



par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Jeudi 1 mai 2008

Le cagnard 


Il a des yeux de letchis écorchés

La haine au ventre

Un petit nez écrasé, souffreteux,

La haine au ventre

Le souffle rauque, étranglé, cancéreux

La haine au ventre


Le coeur brisé d'un sans-père et sans-mère

Seize ans violés, dépecés, moucatés

La haine au ventre


Un bourbon de meute qui jouit de chasse

Et pas de voix quand il aboie

Pas de parole, pas de morale


Et pourtant il m'a dit merci.


 

 

 

Les mots créoles :
*cagnard : voyou
* moucaté : moqué (littéralement "emmerdé")
*bourbon : ici, chien bâtard/chien errant

 

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Mardi 29 avril 2008

 

François Villon (1431- après 1463)

Bravo Daniel !  La devinette du billet d'hier parle bien de François Villon.


Je ne me sens pas bien capable de parler de ce mauvais garçon qui me garde sous son charme depuis bien des années. Surtout,  internet  vous en dira autant que vous en voulez (Par exemple, sa bio : ici et ses oeuvres complètes : ).

Voici juste des poèmes - les plus connus je pense - que j'écoute sans me lasser.



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[...]
Hé ! Dieu, si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle
Et à bonnes meurs dédié,
J'eusse maison et couche molle !
Mais quoi ? Je fuyaie l'école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole,
À peu que le coeur ne me fend.
[...]
extrait du Grand testament


(c'est mon pôpa qui le déclamait le mieux, quand on fuyait école et usine pour aller à la pêche, ouais !)

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L'Épitaphe de Villon ou " Ballade des pendus "

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


(Chanté/dit par Léo Ferré, c'est à vous faire dresser les poils de bras)

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Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?


(Chanté par Georges Brassens, on se découvre ménestrel ou coiffée d'un hennin de Dame - voire les deux ;-) )




par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Lundi 28 avril 2008

En ces temps reculés était un ripailleur un tant soit peu lettré.

Sa pitance follement acquise lui ferma maison et couche molle. Rimes bien faites et malandrins furent donc son vin quotidien. Ainsi qu’amours déraisonnables beaucoup plus que déraisonnées.

(Bref, si le temps eût été inversé, rires et regrets feraient de lui un Alcofribas plein de spleen.)

Assis à l’ombre du gibet, ses testaments nous a légués, puis au matin fut exilé.

N’ayons pas nos coeurs, contre lui, endurcis !

par Macada publié dans : Poésies et chansons
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Jeudi 10 avril 2008



Guerre

Paroles et voix : Silane
Musique : Olivier Sébastien



Tout a commencé  une nuit de février:
Petite fille pleurait à l’ombre, à l’ombre
De sa maison, sa maison dévastée
Par une guerre longtemps programmée.

Tout s’est fini, tout s’est fini un soir,
Morte dans ses bras, la petite lueur d’espoir.
Sa vie sur l’heure d’heureuse est devenue sombre.
Mais n’y a-t-il plus que les bombes, le noir ?

Refrain :
Une histoire de la réalité, laissez-moi vous la raconter,
Cette impuissance désespérée, est-ce que vous la comprendrez ?:
N’avez-vous jamais vu quelqu’un souffrir, sans forces pour résister ?
N’avez-vous jamais vu un homme mourir sans y être prêt ?

La petite fille a grandi, a grandi,
Avec dans son cœur une flamme de rage.
L’enfant s’est transformée en vraie femme,
Elle a changé jusqu’au fond de son âme.

Elle se bat maintenant pour la paix, pour la paix ;
Elle est enfin devenue vraiment sage ;
Et grâce à sa force et à son envie
Le monde entier pourra espérer.

Refrain :
Une histoire de la réalité, laissez-moi vous la raconter,
Cette impuissance désespérée, est-ce que vous la comprendrez ? :
N’avez-vous jamais vu quelqu’un souffrir, sans forces pour résister ?
N’avez-vous jamais vu un homme mourir sans y être prêt ?

Refrain 2:
Une histoire de la vérité, laissez-moi vous la raconter,
Cette impuissance désespérée, deviendra-t-elle du passé ?
Toutes nos voix pourraient nous sauver, tout changer, en chantant la paix ;
Votre seule voix viendra vous sauver, et vous permettre d’être vrais.




Petite histoire : Silane n'avait pas encore 15 ans quand Olivier Sébastien lui a proposé de mettre des textes et une voix sur sa musique.  Vous pouvez  trouver d'autres réalisations de ces deux complices, ICI.
Silane est aussi
une habitante de l'Antre-Lire et y a publié plusieurs nouvelles.



par Macada publié dans : Poésies et chansons
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