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  • : 'zine littéraire - Lecture (sur le web)- Ecriture - Auteurs et textes en tout genre et pour tout genre (humains, enfants, poètes, loups, babouks...)
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 06:29
(Verlaine à 25 ans, Felix Elie Regamey)

L’Heure du berger


La lune est rouge au brumeux horizon ;

Dans un brouillard qui danse, la prairie

S’endort fumeuse, et la grenouille crie

Par les joncs verts où circule un frisson ;


 

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;

Des peupliers profilent aux lointains,

Droits et serrés, leurs spectres incertains ;

Vers les buissons errent les lucioles ;


 

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit

Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,

Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.

Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

 


Paul Verlaine

En savoir plus... : Ce poème est tiré des Poèmes saturniens (1866), premier recueil de Verlaine (1844-1896).
Vous pouvez télécharger les oeuvres complètes du poète sur ebooks et consulter une biographie : ICI
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 20:11
(La coquette, Kitagawa Utamaro)

ROCOCO JAPONAIS


O toi dont l'oeil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !


J'aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j'aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j'aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre.


J'aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.


J'aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j'aime ses tons ululants et rauques, mais j'aime par-dessus tout, j'aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s'échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir.


Joris Karl Huysmans


Petite histoire :

Ce poème est tiré du recueil Le drageoir aux épices paru à compte d'auteur en 1874.

Pour une présentation et une bibliographie complète de Joris Karl Huysmans (1848-1907), vous pouvez,  par exemple, aller voir  ICI.

Ce texte et bien d'autres peuvent être trouvés en ligne sur le site de l'Association des Bibliophiles Universels :  ABU : la Bibliothèque universelle .


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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 05:49
Bousculé

                                       Lors, vois ce que la vie

                                       De tes espoirs a fait et ceux qu'elle a défaits…

                                       J’étais, je vous l’avoue,
                                       Parti plus qu’assez mal :
                                       Je voulais être beau, riche et intelligent !
                                       Surtout ne riez pas…
                                       Je ne suis pas le seul
                                       Bien que d’autres, parfois, aient raison de rêver…

                                       Mais dans mon cas, c’était, hélas, désespéré.

                                       Et, voyez vous, la vie
                                       S’amuse, elle le peut, à tout vous chambouler.

                                       Et si mes jours, au bout,
                                       Loin de mon idéal
                                       Furent tristes parfois, très jolis rarement.
                                       Certes je ne dis pas
                                       Que ce temps fut morose,
                                       Car les ennuis souvent éloignent de l’ennui.

                                       Mais jamais je ne vis rêve réalisé !

                                       Et cette sotte vie
                                       (Alors que maintenant j’ai cessé de rêver…)

                                       Me donne du bonheur
                                       Et me montre la chance
                                       Que j’ai plus que plus que ceux-là qu’auparavant j’enviais.
                                       Dès lors je ne sais pas…
                                       Je voulais être heureux
                                       Et c’est malgré mes choix que je le suis enfin !

                                       Alors que dans mon cas, c’était désespéré !

Alpéro

En savoir plus ... : Alpéro .

 


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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 09:40

Femme l'une


Femme l’une, face cachée, charme des choses qu’on devine.

 

Femme en rouge, femme passion, dévorante et vive...

 

Poussière de lune, braise d’enfer, de l’une à l’autre un pas de plus,

de l' autre à Lune, songe en elle.

 

Femme voilée, ombre féline, l’essentiel, le regard, ton regard...

 

Ce regard qui s’arrête aux  grilles de ton voile, qui rêve, qui imagine et ne saura pas.

 

Femme de la sécheresse qui reste par amour lorsque les guerriers tremblent,

un petit contre ton sein, un sourire sur tes lèvres.

 

Derrière ton homme ou son poing, lentement tu marches pieds nus sur le sol brûlant, une chaînette d’or battant le rythme à tes chevilles.

 

Femme d’honneur ou femme de joie, oiseau de jour ou de nuit, ces mots en toi:

"J’ai peur, j’avance, j’ai peur, j’avance"

 

Et avance avec toi la boule bleue qui tient tes pas HUMAINS...




Isabelle POZZI




Petite histoire : Isabelle Pozzi est conteuse mais, de temps en temps, elle prend la plume - ou le pinceau - avec plaisir. Vous pouvez la trouver sur son site ou dans le forum Contes et Lez'arts.

Ou encore par ici.

 
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 14:26


Dans un cadre


Sur un cadre accroché au mur
Un lieu commun me faisait face,
Un vers de bout rimé très pur :
« Dans le jardin du temps qui passe… »

Ce vieux jardin mal cultivé
Dont chacun des chemins me lasse
Car par eux je sais où je vais :
Je déteste le temps qui passe !

Je préfère le temps passé,
Ses beaux instants, leur douce trace
Et les bonheurs qu’ils m’ont laissés
Pour oublier le temps qui passe

Même si je conserve au cœur
Les durs moments, les tristes places
Vides laissées par le malheur
Que m’a causé le temps qui passe.

Pourtant j’ai laissé sur le mur
Ce lieu commun qui tant m’agace
Pour ne pas oublier (c’est dur !)
Que dans le jardin, le temps passe.


Alpéro



En savoir plus ... : Alpéro .


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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 15:31

SEMENCE


Avant d’épuiser les couleurs de toujours

De falsifier les contours de l’horizon

Avant que de tomber à des lieux du sourire

Et suivre la longue litanie du désert

Les survivances sur d’amères pourritures

Avant qu’un ciel ne referme sur moi ses crocs de velours

Alors seul

A jamais

Que de moi suinte



                  La parole comme ultime chevalet

                  Les mots comme dernière différence

                  A sortir de l’ombre, solitaire

                  Et pleurer que c’est loin

                  Et pleurer d’être libre



Avant d’oublier de mes pas l’impossible

D’écumer de cette terre nue sans saveur

Avant  que de servir d’infâmes chimères

Avant les balises mutilées de misère

Les mystères avilis des masques de la peur

Avant que la ruine ne s’installe sur des sables si blêmes

Alors seul

A jamais

Que de moi suinte



        La musique comme ultime démence

        La magie comme dernière absolution

        A crever le brouillard, solitaire

        Et rire que c’est loin

        Et rire d’être libre



Avant que plus rien ne soit

De mes pas je porterai si loin

Avant que de naître

Vivre que de ne plus savoir

De cet infime me comble d’immensité

Avant le début de la sève sur ces visions sauvages

Alors seul

A jamais

Qu’en moi suinte



        Une page blanche…



Michel Vanstaen



En savoir plus ...Michel Vanstaen .

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 08:14
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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 06:32

La fée verte

Alpero, Apollinaire, Barbara, Baudelaire, Bréaud, Degas, le Dupontesque, Oliva,
Ponchon, Toulouse-Lautrec, Verlaine, Van Gogh


Sonnet de l’absinthe

Absinthe, ô ma liqueur alerte,
Il me semble quand je te bois
Boire l’âme des jeunes bois
Pendant la belle saison verte.

Ton frais parfum me déconcerte
Et dans ton opale je vois
Des cieux habités autrefois
Comme par une porte ouverte.

Qu’importe, ô recours des maudits,
Que tu sois un vain paradis,
Si tu contentes mon envie;

Et si, devant que j’entre au port,
Tu me fais supporter la vie,
En m’habituant à la mort

Raoul Ponchon (Le Courrier Français, 1886)


(Viktor Oliva, le buveur d'absinthe)

La verte

L’avenir m’est si lourd que j’ai trouvé la voie
De la fuite en ce verre dont je voudrais goûter
Avant qu’elle ait fini lentement de goutter
La livide liqueur par où ma vie se noie.

Dans les reflets moirés du liquide qui coule
Au fond du gobelet, mon regard s’est perdu
Comme se perd aussi le malheureux pendu
Qui s’agite et balance au milieu de la foule.

                                Le sucre a disparu. Il n’est plus qu’un fantôme
                                Dans l’eau où s’adoucit la boisson dont j’attends
                                Qu’elle vienne calmer la peine qui me tend
                                Nourrie par le malheur dont m’envahit l’arôme.

                                Le souffle de ma vie sort par ma bouche ouverte,
                                Ma bouche qui, goulue, avale le poison
                                Puisque, sans avenir, je n’ai plus de raison
                                Afin de rester moi, de me priver de verte !!!

Alpero




Ils buvaient de l'absinthe,
Comme on boirait de l'eau,
L'un s'appelait Verlaine,
L'autre, c'était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,
On ne boit pas de l'eau,

                                        Barbara
                                                               
                                                                     (@ Dornac, 1896, Paul Verlaine au café Procope)


(Jean Béraud,  le buveur d'absinthe)


Le poison


Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.


                                                    Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
                                                    De ta salive qui mord,
                                                    Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
                                                    Et charriant le vertige,
                                                    La roule défaillante aux rives de la mort!


Charles Baudelaire (Spleen et idéal)









...
Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie
...

                                                Apollinaire (Zone, Alcools)









Rhénane d’automne

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Ecoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire


Guillaume Apollinaire (Nuits rhénanes, Alcools)

(Van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, 1887)


***********



En savoir plus...  : 

• Merci à Alpero dont le poème La verte a inspiré tout cet article.

• L'absinthe a été l'alcool de prédilection de bien des peintres, poètes et écrivains du début du XXème siècle. Ils la célébraient et y noyaient leur spleen. Interdite en France en 1915, puis dans les autres pays, la controverse sur les dangers encourus ou non à la boire, a longtemps battu son plein, contribuant certainement  à l'attraction qu'elle exerçait sur les milieux artistiques. C'est ainsi que la Fée Verte est entrée dans la légende... (e.g. Musée Virtuel de l'Absinthe)

• Si, comme moi avant cet article, vous ne connaissiez pas Raoul Ponchon (1848-1937), vous pouvez faire plus ample connaissance avec son oeuvre : ici .

• Mes recherches m'ont aussi fait découvrir des illustrations du  Dupontesque  à qui je laisse la main :


(le Dupontesque,  la Fée Verte)




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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 06:47
Samedi soir

tous lé samedis soirs
doudou y rent grand fé noir
avec kamarad li sava boir
et li vé tap si mon poir

mé moin lé pas si bêt
moin osi mi fé son fêt
pou in coup mi rend 2 coup
et li dor sous treille chouchou

lendemain li chant son bagou
li vé in p'tit bisou
li embrasse à moin dan cou
mi donne mon p'tit bijou

in 2 jours li rest trankil
mé kamarad y titille
alors kan y arriv samedi
li sa fé pas son bil

tous lé samedis soirs
doudou y rent grand fé noir
avec kamarad li sava boire
et li vé tap si mon poir


                                                     Reine Bataillou




(Traduction littérale)


Le samedi soir


tous les samedis soir
mon chéri rentre en pleine nuit
avec ses copains, il est parti boire
et il veut taper sur ma poire

mais moi je ne suis pas si bête
moi aussi je lui fais sa fête
pour un coup, je rends deux coups
et il dort sous la treille de christophine

Le lendemain il y va de son bagou
il veut un petit bisou
il m’embrasse dans le cou
il m’offre un petit bijou

Un ou deux jours, il reste tranquille
mais ses copains le titillent
alors quand arrive le samedi
ça fait pas photo

tous les samedis soir
mon chéri rentre en pleine nuit
avec ses copains, il est parti boire
et il veut taper sur ma poire


En savoir plus ... : Bienvenue dans l'Antre-Lire à Reine Bataillou,  et à ses poèmes en créole de la Réunion

Vous pouvez retrouver Reine sur Le blog de reinette ou  dans les  auteurs de l'Antre-Lire .

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 07:23
                                                                            

Mon village gris


C'est un village gris
Aux toits de tuiles plates.
A dix lieues de Paris
S'y trouvent mes pénates.

C'est un village gris
Aux courtes rues de terre.
Quand je suis incompris,
C'est là que je m'enterre.

Dans ce village gris,
Je viens laver mes peines
Au fil de jours sans prix
Dont se font mes semaines.

Dans ce village gris
J'ai trouvé l'espérance
Poussant sur les débris
Du temps de mon errance.

En ce village gris
Ma vie s'est éclairée
De mille coloris
Quand je t’y ai trouvée.

Alpero



En savoir plus sur Alpéro ?  Ici 


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