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  • : 'zine littéraire - Lecture (sur le web)- Ecriture - Auteurs et textes en tout genre et pour tout genre (humains, enfants, poètes, loups, babouks...)
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 06:46
« Mes amis,
Les décrets de la République française sont exécutés :  Vous êtes libres. Tous égaux devant la loi, vous n'avez autour de vous que des frères. (...) 
»
Joseph Napoléon Sébastien SARDA GARRIGA,
Commissaire général de la République
Saint-Denis de la Réunion, 20 décembre 1848



Transmission

L’homme dit :
« Je suis la continuité et mes ancêtres m’accompagnent. »

Il dit aussi :
« Mais je ne suis pas mon père, ni mon grand-père, ni le père de celui-ci.
Je suis moi, et je ne veux ni de leurs chaînes ni de leurs fouets.
Je suis libre, ni victime ni coupable
».

Il dit encore :
« J’accepte avec courage et fierté de savoir d’où je viens.
Je revendique le droit et le devoir de mémoire,
pour que mes enfants, eux aussi, aient le choix d’être libres
».







 




Enfants du 20 décembre

 (mémoire métisse)

Ils marchent à mes côtés, leurs lèvres brillent.
Ils dansent autour de moi, leurs nez palpitent.

Guitare, djembé, piano
Kaïamb.
Métissage, héritage, métissage
Visages.

On se regarde droit dans les yeux,
Et je me reconnais.









Espace Culturel et Artistique Bénédictin

Saint-Benoît de la Réunion

6-26 décembre 2008

RIEUL PADE — ENFANTS DU 20 DECEMBRE

(Textes de Marie-Catherine Daniel)






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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 07:23
                                                                          

Copié ?


Elle a vécu Martha la jolie concubine
Son beau corps a roulé en bas de la cabine…

Oui, je sais c’est copié, mais il faut bien parfois
S’inspirer d’un génie quand l’esprit reste coi
Et que meurent les mots avant que ne se pose
Le stylo sur le bloc, quand l’esprit fait la pause.

C’est chose qui m’advient, ce vide du cerveau
Quand je veux étonner, briller, faire le beau.
Il semble que le sort contre moi se dépense
Pour m’empêcher d’écrire et le sort m’est offense !

Allez, mes petits mots, reprenez le chemin
Des feuilles sans futur de ce bloc orphelin
Que je pense jeter, un jour, par la fenêtre…
Puisqu’il ne sert à rien… à m’humilier peut-être ?

Je rêve de génie, de paraître un géant
Mais je suis un tel nain que ça devient gênant
Pour l’image de moi (et c’est ce qui m’étonne)
Qui ne surprend jamais et n’éblouit personne..

Alors je triche un peu et quand se tait ma lyre
Des œuvres de plus grands quelque fois je m’inspire…
Mais croyez le ou non : ce n’est qu’en espérant
L’essor de mon génie que je m’en vais copiant.
.

Alpero



En savoir plus sur Alpéro ?  Ici 


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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 08:05
Tu as toujours été trop tard

Michel Vanstaen


Dériver seul ou survivre ensemble
T’as pas encore bien choisi
Sur les serments publicitaires
Que feras-tu de toi
Si ce n’est posé nulle part ?
Il y a de l’inconscience si près de toi

T’as la pénombre qui s’attache
Sur ce que demain veut te dire
Même ton ombre démissionne
Tant les cercles se creusent
Et que les feux s’immiscent en toi
Ce sont les flammes qui s’enfuient

    S’il fallait choisir entre toi et un désert
    J’aurai déjà cette chance
    Mais rassure-toi
    Passe, passe le temps
    Il y en a encore
    Pour très longtemps

Et tu vois passer ton homologue
T’as le regard ni trop bas ni trop haut
Paraît même que t’es heureux
C’était hier, tu te souviens
Un bonheur de glace
Il n’y avait pour toi que la fuite

Tu crois te ressembler
Jusqu’à lever les yeux
Les rideaux de ta chambre ne sont que nausées
Espères-tu vraiment
Si les cieux passent l’éponge
Crois-tu encore que c’est pour toi ?

    S’il fallait choisir entre toi et un désert
    J’aurai déjà cette chance
    Mais rassure-toi
    Passe, passe le temps
    Il y en a encore
    Pour très longtemps

Tu m’as proposé tant de modèles
Tu es mort tant de fois
S’apercevoir que demain s’évapore
Au gré d’un ciel décharné
La conscience peut prendre tant de formes
Es-tu prêt à te vendre ?

Tes mots sont autant de racines
A chercher leur sève dans le brouillard
Tu poses ton empreinte
Comme on quémande une trêve
La peur ne s’enferme pas
Elle a l’éternité devant toi

    S’il fallait choisir entre toi et un désert
    J’aurai déjà cette chance
    Mais rassure-toi
    Passe, passe le temps
    Il y en a encore
    Pour très longtemps

Tu parades aux yeux de l’autre
Dieu que leur vie te fait mal
Ils te vomissent le bonheur
De ton propre désaveu
Et cette image qui te hante,
Simple pantin de passage

A te perdre de refuge en déroute
A refuser la vérité des larmes
Tu ne peux plus l’ignorer
Elle te sépare encore un peu plus
Du silence persécute tes cris
Et ce soleil te fait si mal

    S’il fallait choisir entre toi et un désert
    J’aurai déjà cette chance
    Mais rassure-toi
    Passe, passe le temps
    Il y en a encore
    Pour très longtemps

Sous les yeux qui se couchent
Les volcans te rassurent
De ces lueurs qui t’oppressent
De ce qu’il y a jusqu’au lointain
Que vois-tu ?
Il est trop tard
Tu as toujours été trop tard

    Mais rassure-toi
    Passe, passe le temps
    Il y en a encore
    Pour très longtemps

 

 

Petite histoire : Michel est l'un des habitants de l'Antre-Lire.  Cette chanson y est parue en décembre 2006.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 17:53


Je suis l’enfant de haine, je suis l’enfant de honte


Ma mère vient de l’Afrique.

Domptée par le chabouk,

Elle s’est agenouillée.


Je suis l’enfant de honte.


Mon père vient de France.

Il rit quand le chabouk

Eclabousse de sang,

Le dos de l’encordée.


Je suis l’enfant de haine.


Ma mère ne pleure pas :

Au fond de ses guenilles,

Sabot de bouc attend

D’invoquer le djembé.


Je suis l’enfant de haine.


Mon père s’est effrayé

De son rire envoûté.

Avec le fouet, il a enterré

Les oreilles coupées.


Je suis l’enfant de honte.


Puis le temps a passé

… mais la tombe est restée

Enkystant de secrets

Ma vie d’enfant mort-né


Mais, moi, je ne veux plus

Etre enfant de la haine,

Etre enfant de la honte.


Alors je vais pleurer… et puis me pardonner.


 

(Prix du Printemps des Poètes « Passeurs de mémoires » , la Réunion, 2005)


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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 05:20

(ill. ColoriagesAnimaux.net/)


La petite souricette


Trottine la petite souris

Le long des prés fleuris.

Et souricette, miette, miette

Fait la galipette, mouette, mouette.


Tapi au creux du bois

Minet guette sa proie

Mais souriceau aux aguets, gai, gai

Veille en vaillant chevalier, yé, yé.


Malin et plein d’adresse,

Vite il donne l’alerte

Et dans une pirouette, mouette, mouette

S’enfuit la souricette, miette, miette.


Sous le soleil qui ruisselle

Fleurit la pâquerette.

La tourterelle lisse ses ailes, mouette, mouette.

Dans le bleu du ciel, miel, miel.


Trottine la souris

Le long des prés fleuris.

Et souricette, miette, miette.

Fait la pirouette, mouette, mouette.

 

Thérèse Tinturier



Petite histoire
:
Grand merci à Thérèse de sa participation ! J'en profite pour rendre hommage à son engagement social de toute une vie auprès de ceux - et celles - qu'on oublie trop souvent.  Sa gaieté est grande, son oreille encore plus, et tant pis si elle est toute rouge derrière son écran ;-).  Gros baisers, Thérèse, longue vie à Souricette, mouette, mouette ! :-))

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 09:44


Lettre à mon enfant à naître


Moi le boutre rêvant,                                                      

 

                                                  A toi, naviguant dans le sel de mes flancs.


Sais-tu que ?                                                                  

 

Quand j'image ta peau                                                           

En nuages de l'aube ou en moire châtaine,                           

Mes frissons te murmurent d'ouvrir tes paupières closes.      

S'il-te-plaît, souris-moi !                                                       


Quand, dans la moiteur méridienne,                                     

Je respire nos odeurs emmêlées -                                          

Sueurs un peu sucrées, un peu salées,                                  

Léger goût de manioc, effluves de cabri -                            

Je t'attends. Je rougis.                                                           


Quand, au creux de la nuit,                                                   

Tes doigts, tes cils, tes lèvres, ton corps                               

Effleurent, caressent, embrassent,                                        

La houle de mon ventre déferle.                                           


Alors,                                                                                   

Pour un instant, le désir lancinant                                        

De te serrer contre mon sein                                                 

S'apaise,                                                                              

Dans l'éclat de ma joie                                                         

De te connaître en moi.                                                       


 

 

                                                     Marie-Catherine Daniel


Petite histoire : Ce poème a gagné - avec neuf autres - le Prix du Printemps des Poètes 2007 de l'Université de la Réunion.  Autrement dit : une mise en voix par une conteuse (ourf, ça fait tout chose d'entendre son propre texte...),  quelques livres de poésie (entourés d'un ruban de rafia comme pour les remises de prix du temps lontan), et une mise en image sur une carte postale (1 500 exemplaires, tout de même ! :-) ) :

 


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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 08:30

(auto-portrait)

Charles Baudelaire (1821-1867)


Oui, mon quatrain du dernier post se voulait un hommage à la poésie de Baudelaire. Bravo Daniel ! Et félicitations à Marie d'avoir trouvé trois des poèmes de référence.


Voici donc à quoi je pensais en composant  ma devinette :

Il est des rires d’enfants frais comme des hautbois (Correspondances)

Qui s’exhalent des phares en un ardent sanglot (Les Phares)

Bénissant le poète aveuglé et sans voix (Bénédiction)

Qui ploie sous son automne et rêve de tombeau (L'Ennemi)


Comme je suis toujours aussi incapable de vous parler intelligemment de mes amours de jeunesse, en partie parce que beaucoup d'autres l'ont déjà fait et bien fait, vous n'avez qu'à aller voir sur le net qui est Charles Baudelaire, si cela vous intéresse. Par exemple, en visitant le  site de Poésie sur la toile.


Pour ce billet,  je vous propose de (re)déguster Correspondances et L'Ennemi :

 


Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.


Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.


II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,

– Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,


Ayant l'expansion des choses infinies,

Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,

Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

 


L'Ennemi


Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,

Traversé çà et là par de brillants soleils;

Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,

Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.


Voilà que j'ai touché l'automne des idées,

Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux

Pour rassembler à neuf les terres inondées,

Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.


Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve

Trouveront dans ce sol lavé comme une grève

Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?


– O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,

Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur

Du sang que nous perdons croît et se fortifie!


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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 09:40

A qui est dédié ce quatrain ?

 


Il est des rires d’enfants frais comme des hautbois

Qui s’exhalent des phares en un ardent sanglot

Bénissant le poète aveuglé et sans voix

Qui ploie sous son automne et rêve de tombeau


 

 

Pour corser l'affaire, chaque vers fait référence à un poème, lequel ?


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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 08:37

 Dieu !... Que les
murs sont froids tout au long des impasses

Où n’arrive jamais le
sourire du soleil.

Des silhouettes
brumeuses, incertaines, y passent et repassent,

Sorties du fond de mes
nuits sans sommeil.



Mais les yeux, derrière
les fenêtres,

Traversent les rideaux et
percent les secrets.

Les sinistres corbeaux
peuvent poster leurs lettres,

Les cris de la misère
n’atteignent pas les fées.



Des larmes de sang,
parfois, aux pointes des couteaux.

Des larmes de givre,
aussi, posées sur les berceaux.

Des pieds nus sur l’asphalte et des manteaux troués.


Dieu !... Que les murs sont froids au fond de ces ruelles.



Dans ces espaces gris,
même les cœurs se gèlent.


Dieu !...Mais
pourquoi : Dieu ? Puisqu’il n’est jamais là…


Janine Laval (poème et illustration)


Petite histoire : Janine est l'une des habitants de l'Antre-Lire. Ce texte y est "à paraître" mais d'autres s'y trouvent déjà...

Vous pouvez aussi aller admirer ses compositions visuelles ou poétique dans son Bric à Brac.



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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 07:41

Le cagnard 


Il a des yeux de letchis écorchés

La haine au ventre

Un petit nez écrasé, souffreteux,

La haine au ventre

Le souffle rauque, étranglé, cancéreux

La haine au ventre


Le coeur brisé d'un sans-père et sans-mère

Seize ans violés, dépecés, moucatés

La haine au ventre


Un bourbon de meute qui jouit de chasse

Et pas de voix quand il aboie

Pas de parole, pas de morale


Et pourtant il m'a dit merci.


 

 

 

Les mots créoles :
*cagnard : voyou
* moucaté : moqué (littéralement "emmerdé")
*bourbon : ici, chien bâtard/chien errant

 

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