« …moi je vomis en groupe Et l’ordre et les bourgeois et l’horrifique troupe De gens très bien pensants dont l’unique étendard Est, sur champ de velours, une tête de lard »
J’avais juste vingt quand j’écrivis la phrase Et le monde pour moi n’était que noir ou blanc. D’un coté les blessés, de l’autre les méchants. Lors je n’imaginais la société que rase Afin de reconstruire l’univers souriant.
J’ai vieilli désormais et je sais l’existence Moins rigide que ça. Pourtant je n’oublie pas Lorsque nous mangeons trop, que d’autres sans repas Mais voulant subsister, partagent leur pitance Dans des dépôts d’ordure avec des cancrelats.
Je n’oublie pas non plus qu’au nom des bénéfices, Dont on les veut plus gros, on licencie des gens. Bien sûr je m’en souviens, on nous dit que l’argent Ne fait pas le bonheur, mais je vois l’édifice Qu’on a construit pour lui. Je le vois en tremblant.
J’ai vieilli, j’ai changé, mais je garde, tenace Au fond de moi l’envie de voir se transformer Pour devenir meilleur, plus facile à chanter Le monde où nous vivons et qui, je crains, menace De s’écrouler sur nous qui oublions d’aimer.
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Joli traduction poétique de notre société contrastée où se côtoie le pire, le meilleur dans une danse endiablée et file les années.<br />
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l'accord et sur la forme et sur le fond...<br />
voici des appréciations qui me vont droit au cœur.<br />
merci à vous deux.<br />
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