
Les peurs d'Anaïs
Par le rythme des mots, la musique du cœur,
Je viens mon Anaïs pour combattre tes peurs.
Que naisse un crocodile ou des hyènes avides,
Je les balayerai, ces monstres insipides.
Tu me cries tous les noms pour mieux les évoquer
Le « loup ! » ou bien le « tigre ! », qui pourraient nous croquer.
Et l’on apprend ainsi où sont tous les dangers,
Et le geste précis qui va les vendanger.
Dès lors que du néant ils s'annoncent et surgissent
Et s'avancent puissants, bardés de maléfices,
Nos têtes plongent là, pour nous mieux dérober.
Jamais, jusqu'à ce jour, ils n'ont pu nous gober.
Soudain je crie « la poule ! » « Mais elle est très gentille ! »
Tu te moques de moi, partant dans une trille.
Tu sais bien que ma peur est pour toi simulée,
Mais caresse ma joue pour bien me rassurer.
Puis tu t'amuses encore à tous les convoquer
Et nous badigeonnons, tête jusques aux pieds,
Leurs corps gigantesques, qui rendus transparents
Se fondent dans la nuit. Et tout est comme avant.
Je te jure ma fille, ô mon amour doré
Tous les risques croisés te seront peccadilles
Un geste de ta main balaiera ses broutilles
Et ton monde à jamais restera coloré.
Peïo