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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 05:28

Y a-t-il un dieu dans l’ascenseur ?

Michel Vanstaen


    Connaissez-vous le grand bouthan ? C’est une des figures majeures de la mythologie de par chez moi. Le grand bouthan est…Comment dire ? Fidèle à lui-même me semble une juste définition. Les présentations ainsi faites, que fait-il, d’où vient-il ? Tant de questions pour si peu de réponses, la frustration rôde. Malheureusement, peu savent et très peu parlent. Le moindre que la tradition populaire nous en ait laissé se résume à ceci :  « Si tu vois le grand bouthan,…Tu ne me connais pas ! ». Ce qui est sûr, c’est que le grand bouthan est l’antichambre de la mort. Aïe, voilà qui corse singulièrement les débats. Et d’abord, d’où vient-il ? Là encore, mystère ! Un jour pas là, le lendemain, grand bouthan. La genèse n’est pas son fort. Et surtout, le plus important et de loin, que fait-il ? Des blagues, des conneries, et ad patres. Regardez autour de vous, dans la rue par exemple. Vous voyez quelqu’un soudainement se mettre à courir en zigzag sans la moindre raison. Ne vous méprenez pas sur son état mental. C’est un coup du grand bouthan. Un autre perché sur un pied essaie vainement de se gratter la tête de l’autre tout en chantant à tue-tête. Re grand bouthan ! La liste est longue et remonte au fil du temps. Mais là ne serait qu’un moindre mal. Tous ces comportements bizarres ne sont que la réponse aux hallucinations engendrées par le susdit grand bouthan. Et peu de temps après, c’est la fin. Pourquoi donc tout ce simulacre et ce bla-bla. D’autres civilisations ont rationalisé la chose. Une lettre recommandée, un coup de téléphone, la visite d’un machin encapuchonné qui jongle avec une faux, enfin, rien que de très normal. Mais un grand bouthan issu de nulle part, et qui en plus vous fait passer pour un(e) con(ne), non, quand même ! Et ben si, tout de même ! Et re pourquoi ? Essayons de découvrir le message subliminal qui s’inscrit en aparté de la dérivation conceptuelle de l’espace-temps vu par le grand bouthan. Vaste programme, je conçois. Soyons donc logiques à défaut d’être éclairés. Il y a un avant, il y a un après. Avant et après quoi ? A coup sûr un truc dérangeant. Demandons-nous d’abord s’il n’existerait pas un endroit virtuel, genre restaurant, où la vie et la mort pourrait collaborer, voire déjeuner à moindre coût ? Cela étant fait, qu’est ce qui nous empêche de le réfuter aussi sec ? Je sais, c’est mal barré. Mais qui tient la barre dirige ce qu’il y a par-dessous, en l’occurrence le bateau. Et comme le grand bouthan ne veut pas se barrer, le grand bouthan n’est pas un bateau. Vous voyez, on progresse.

    Le fil conducteur ! Voilà donc du consistant. Quel est le fil conducteur que suit le grand bouthan ? D’où vient-il et où va-t-il ? Le fil, pour l’autre on verra plus tard. Issu de quelque part, aille, non, pourquoi ne serait-il pas issu de nulle part d’abord ? Pourquoi le quelque part qu’une crédule société de consommation nous a vendu à un prix défiant toute chance de s’en sortir aurait-il plus de chance d’être en accord, voire infime, avec la réalité d’un grand bouthan qui ne se vend pas au plus offrant, ni ne s’offre au plus vendu (Je ne sais même plus quelle ponctuation est de rigueur, mettez ce que vous voulez «… »)

    Ah, grand bouthan,quand tu nous tiens !

    Revenons donc à nos boutons. Il peut bien venir d’où il veut, ce grand bouthan, que grand bien lui fasse. Conceptuons l’espace-temps dans un univers dimensionnellement infini. Voilà qui plaira, je le sens. Et si le grand bouthan, dans un jour de grande paix intérieure, ne se fut transformé en courant d’air de couleur irisée fluo beige clair, on aurait l’air de quoi ? Donc rien n’est clair, ni beige, ni fluo, ni risée (je sais !), ni coloré, ni d’air, ni d’hareng (il est 22h, j’ai des excuses). Le temps et l’espace se rencontrent , se plaisent, ont plein de petits enfants, dont le père Noël et le grand bouthan. Non ! Bon d’accord.

    Devant, la vie ; derrière la mort. Ça y est, j’y suis ! Le grand bouthan est un panneau de signalisation pour notre ego parano cosmique, ou une sorte de GPS de l’au-delà. Mais son surnom n’est pas  « bouthan futé ». Laissons tomber. Et étudions une autre piste. Pourquoi s’y prend-il de la sorte et pourquoi s’y prend-il tout court ? Il arrive : « Coucou, je me présente : grand bouthan, je suis venu vous prévenir que, bientôt, il sera trop tard. Un seul sucre dans le café, merci. » Fade, non ? Eh ben si, dixit grand bouthan. Vous vous rendez compte, aucune envolée lyrique, aucune chute métaphysique, rien, même pas un petit je ne sais d’ailleurs pas quoi histoire de ! Soyons sérieux. Et d’ailleurs, pourquoi prévenir ? La blague suprême :  « Tu connais pas la dernière, c’est l’histoire d’un mec qui va…C’est toi !!! » Désopilant. Ou des os pilés, va savoir. 

    Donc, où en sommes-nous ? A coup sûr quelque part dans l’irradiation cosmique. Sommes-nous plus avancés pour autant ? Résumons notre savoir :

    1 - Grand bouthan

    2 - P’tet que oui, p’tet que non !

    3 - Je passe mon tour

    4- Je connais une super recette de cuisine

    A ce stade de notre étude physico-chimique de la bébête, pouvons-nous, en notre grand désespoir, risquer une subtile question :

    --— Et si je gagne au loto, ça marche aussi ?

    La réponse est OUI !!! Le grand bouthan n’a que faire des jeux de hasard du grand bazar, la fuite étant comme il se doit fortement déconseillée. D’abord, ça fatigue ; et puis cela risque de l’énerver. Et Dieu sait qu’un grand bouthan énervé vous sort de ces solos de guitare à ne pas mettre un boulanger dehors à quatre heures du matin. Et si on discutait ? Impossible, le grand bouthan ne parle pas. Est-il atteint de mutisme aigu ? Sais pas ! Remarquez que certains s’y sont essayé :

    — Eh, grand bouthan, déconne pas, on a été à la maternelle ensemble.

    Mais rien n’y fait. Crac !!!

    Métaphysiquons donc la chose. Sommes-nous réduits, nous, fruits de la longue gestation d’une grande civilisation à caractère commercial, à finir ainsi, dans le giron d’un grand bouthan de passage ? Notre égo, venu du fin fond de notre moi-moi, hurle que non, que ce n’est pas prendre en compte la défiscalisation précédant l’ascension sociale de certains bénéfices dus au placement irrégulier dans un système de valeur (pas trop ajoutée) qui engendre que l’équinoxe d’hier fasse pencher la balance de ces susdites valeurs vers un contexte anéantissant l’espoir que mon café soit encore chaud.

    Voilà, le destin est scellé. Les scellés du destin sont posés. Et la pause, c’est pas pour demain. Alors, avant d’aller bien sagement nous coucher, posons nous l’ultime, le seule, LA question :

    — Ai-je bien lu, ai-je vraiment bien lu ?

    Parce que moi, je vous jure, je n’ai jamais rien écrit.

 

Signé : Qui vous savez.

 

 

 

 

En savoir plus ...Michel Vanstaen .

 

 

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